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Mise en oeuvre opérationnelle
 

Ne seront présentés que trois aspects majeurs : le commandement opérationnel, la mise en oeuvre opérationnelle des moyen et l’organisation du secours à personnes.

 
 
 
 
 
  • Le commandement opérationnel
  • La mise en oeuvre opérationnelle des moyens
  • Le secours à personne
  •  
    Le commandement opérationnel
     

    La mise en oeuvre des moyens humains et matériels dont dispose le SDIS ne peut être assurée avec efficacité et célérité qu’avec un commandement parfaitement hiérarchisé et exercé.

    Il faut d’abord rappeler qu’en droit français sont distinguées dans le commandement : la fonction de direction opérationnelle dite DOS (Directeur des opérations de secours) qui est assurée par le maire de la commune siège du sinistre ou dans des cas précis le préfet du département. La fonction de COS (Commandant des opérations de secours) qui correspond à la mise en oeuvre technique des moyens par un sapeur-pompier selon les modalités définies par le Réglement Opérationnel (RO).

    Le commandement opérationnel est assuré par des personnes disposant de l’un des emplois opérationnels suivants :

    • Les chefs d’agrès, commandant les actions des secours de proximité, allant de 1 à 3 équipes au maximum. Ce sont en général des opérations de secours classiques. En Meurthe-et-Moselle, il a été mis en place une distribution entre les chefs d’agrès pour les véhicules à faible effectif et intervenant souvent seuls (par exemple VSAV), tenus normalement par des sergents ou par défaut des caporaux, et ceux affectés dans des engins de type FPT, dévolus aux adjudants ou par défaut aux sergents confirmés (on les appelle chef d’agrès FPT). 
    • Les chefs de groupe, c’est l’emploi de commandement immédiatement supérieur qui se met en oeuvre pour un volume de 2 à 4 engins de secours soit une vingtaine d’agents. Ces emplois sont occupés par des majors ou des lieutenants. Ils assurent leur fonction à l’aide d’un VLR de niveau 1.
    • Les chefs de colonne. Cet emploi de commandement vise à assurer l’encadrement de 2 à 4 chefs de groupe. Ils sont dotés d’un PC de colonne. En Meurthe-et-Moselle, cet emploi est couvert par des capitaines ou par des commandants. Ils assurent la synchronisation des chefs de groupe engagés, jusqu’à 4 groupes. En cas de mise en oeuvre du CODIS, c’est un chef de colonne qui en assure le commandement.
    • Les chefs de site. C’est le commandement supérieur pour les opérations les plus importantes, par leur complexité ou le grand nombre de personnels et d’engins engagés. Dans ce cas, plusieurs colonnes sont mises en oeuvre avec un chef de site qui dispose d’un PC de site. Ces emplois de commandement sont assurés par des lieutenants-colonels ou colonels.

    Une permanence opérationnelle est organisée quotidiennement avec :

    • des chefs d’agrès pour les engins des CIS, permettant le départ simultané de plusieurs véhicules,
    • des chefs de groupe, suivant une sectorisation géographique de façon à couvrir 90% du secteur en moins de 20 minutes après le déclenchement de l’alerte. Cela conduit à disposer de 12 chefs de groupe/jour, en incluant le chef de salle du CTA,
    • des chefs de colonnes, à raison d’un par groupement territorial et un pour le CODIS, soit un total de 5, avec un objectif d’arrivée sur les lieux du sinistre en moins de 40 minutes maximum sur 90% du secteur,
    • un chef de site pour le territoire départemental, avec un en réserve.

    Dans les faits, cette organisation hiérarchique est souvent multipliée du fait d’une mobilisation forte des cadres lors d’un sinistre majeur, ce qui permet d’étoffer les structures de commandement.

     
    La mise en oeuvre opérationnelle des engins
     

    Il n’est pas nécessaire d’aborder la mise en oeuvre des moyens isolés ou en faible nombre du niveau de chef d’agrès. Dès ce niveau dépassé, l’engagement des moyens se fait par groupe constitué encadré par un chef de groupe. Plusieurs groupes peuvent être mis en oeuvre simultanément. Dès lors, le commandement est pris en compte par un chef de colonne et ainsi de suite. Des groupes spécifiques avec des capacités bien définies ont été créés :

    • Groupe incendie : 2 engins de type FPT (2 FPTSR en milieu urbain ou 1 FPTSR ou FPTGP et 1 FPTDA en milieu rural), 1 EPA et 1 VLROG ; ces moyens ont une capacité d’établissement de 4 lances de 70mm à 300m,
    • Groupe alimentation : sa mission consiste à alimenter deux groupes incendie à 1000 mètres en tuyau de 110mm ; ce groupe est formé par une UDA + MPRGP ou un FDGP, complété par un FIL et un porteur d’eau (UCGC ou CCI), et permet la réalisation d’une ligne d’appui de 100 mètres.
    • Groupe feu de forêt : constitué par 1 VLRTT, 2 CCF et un porteur d’eau (CCFS, CCIGC ou UCGC) ; ce groupe permet de faire une ligne d’arrêt de 100m,
    • Groupe feu d’hydrocarbure : permet la mise en oeuvre de 2 lances canon mousse de 2000l/mn ou de 1 de 4000l/mn à 5% de concentration d’émulsifiant à 1000m pendant 20 minutes. Cela exige 1 UFS, 1 UDA, 1 FDGP + LCM 4000 et 1 FIL,
    • Groupe SAP : capacité de prise en charge (désincarcération et transport) de 4 blessés graves,
    • Groupe PMA : assurer le fonctionnement, le montage, la gestion et logistique d’un PMA ; comprend 1 CCFS + RPMA, 1 VTP9 et 2 VSS.

    Exemple de départ type en groupe constitué : 

    NATURE

    NIVEAU 1

    NIVEAU 2

    Feu habitation ou 4ème famille
    ou IGH ou ERP avec
    locaux de sommeil

    VLROG + 2 groupes incendie
    + UAR + groupe de
    commandement

    1 groupe incendie

    Autre feu d’habitation

    VLROG + groupe incendie

    groupe incendie +
    groupe de
    commandement

    Feu d’établissement
    industriel

    VLROG + 1 groupe
    incendie + UAR

    1 groupe incendie +
    1 groupe alimentation
    + 1 groupe de commandement

    Feu d’hydrocarbure

    Idem que ci-dessus +
    1 groupe LIFF + UAR

    Idem que ci-dessus + 1 groupe LIFF

    Feu de forêt

    VLOG + 2 groupes feu de forêt

    2 groupes feu de forêt + 1 groupe de commandement

     

     
    Le secours à personne
     

    La mise en oeuvre opérationnelle du secours à personne représente 71% de l’activité du service et, contrairement aux autres opérations de secours, cette mission n’est pas assurée exclusivement par le SDIS. Régies par la loi du 6 janvier 1984 relative à l’Aide Médicale Urgente (dite AMU) et par la loi de départementalisation du 3 mai 1996, le secours à personnes est un domaine partagé entre plusieurs acteurs :

    • Les hôpitaux publics avec les SAMU (centre 15), ayant une mission de réception d’appels (Tél. 15), de régulation de l’activité secours à personnes et de décision de médicalisation avec leur SMUR (service mobile d’urgence et de réanimation) qui sont les opérateurs de la médicalisation,
    • Les SDIS avec leurs moyens de transport sanitaires (VSAV) et leur Service de Santé et de Secours Médical (SSSM),
    • Les ambulanciers privés,
    • La médecine libérale avec notamment la permanence des soins.

    Considérant le nombre des acteurs, il était indispensable de répartir l’activité en fonction des capacités de chaque acteur. Cela s’est traduit par la mise en oeuvre, le 1er janvier 2006, d’une convention tripartite entre SAMU, SDIS, et l’Association départementale des transporteurs privés. Il faut souligner qu’en Meuthe-et-Moselle, la convention n’a fait qu’officialiser la répartition fonctionnelle du secours à personne dèjà pratiquée en parfaite collaboration depuis de très nombreuses années.