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La réforme toute récente statutaire de gestion des Services d’"Incendie et de Secours en France - la départementalisation - ne permet évidemment pas de faire une quelconque approche historique.
En fait, l’histoire des Services d’Incendie et de Secours en Meurthe-et-Moselle, comme dans une large majorité de départements, repose essentiellement sur les corps de sapeurs-pompiers communaux et quelquefois intercommunaux.
C’est à ce titre qu’est développée l’histoire de la principale structure d’incendie et de secours en Meurthe-et-Moselle - celle des sapeurs-pompiers de Nancy.
L’histoire des Sapeurs-Pompiers de Nancy est intimement liée au développement de la cité ducale.
En 1524, avec une population de 7 500 habitants, le Duc Antoine ordonne l’achat de " Seilles " ou seaux de cuir bouilli qui sont déposés dans les fourrières du palais ducal " pour servir en l’hôtel en cas de feu ". Première dotation, pour la ville, de matériels de lutte contre l’incendie.
A la fin du XVIéme siècle, alors que la construction de la ville neuve a commencé sous Charles III, NANCY compte 12.000 habitants. Un premier règlement d’organisation en cas d’incendie permet aux chefs de la police et Officiers de ville, sous l’autorité du gouverneur, de " requérir le public de travailler à l’extinction du feu ".
A cette époque, en Lorraine, comme ailleurs les moines Franciscains avaient pour tradition de porter secours en cas d’incendie. A Nancy, les cordeliers, dévoués et courageux, furent les premiers sapeurs-pompiers volontaires.
Avec le développement des faubourgs de la ville neuve, une halle servira de deuxième magasin pour abriter des matériels de lutte contre l’incendie tels que seaux, échelles, perches, pioches et haches.
Un guet est organisé à la tour de l’église de Saint-Epvre.
En effet, des guetteurs sont chargés de sonner le couvre-feu et de donner l’alarme par le tocsin, en cas d’incendie ou de calamités publiques.
Vers 1701, la ville de NANCY se dote de la première pompe à incendie, bien avant Paris.
Le 17 octobre 1782, un violent incendie détruisait l’hôtel du marquis d’Alsace, place d’Alliance et mit en évidence l’insuffisance des secours contre l’incendie, les imperfections du service et l’état défectueux du matériel. Cet incendie fut, sans aucun doute, à l’origine de la création de la compagnie des sapeurs-pompiers municipaux, premier Corps des sapeurs-pompiers de NANCY.
La compagnie dispose de huit pompes et de soixante seize hommes pour les servir.
Les personnes de bonne volonté qui aidaient à lutter contre l’incendie sont remplacées par des spécialistes (charpentiers, maçons, recouvreurs et maîtres pompiers) reconnaissables à une médaille fournie par la ville.
Chaque loueur de carrosses ou de fiacres avait l’obligation d’avoir chez lui un tonneau toujours rempli d’eau, qu’ils étaient obligés de conduire sur le lieu de l’incendie au premier coup de cloche.
Les Officiers qui organisèrent la compagnie se rendirent à PARIS pour étudier le service des pompiers et spécialement celui du théâtre.
Le 26 mai 1884, la compagnie est dissoute.
Ce qui arrivait dans de nombreuses cités, à cette époque où la politique jouait un grand rôle et entraînait souvent un hiatus entre certains Officiers et des hommes du rang qui ne s’estimaient pas.
Le dimanche précédent, à huit heures du matin, la compagnie, forte alors de cent cinquante hommes, était rassemblée place Stanislas, face à l’hôtel de ville, sous les ordres du capitaine MUSCAT, commandant la compagnie, en vue de lui faire connaître de nouveaux officiers désignés par décret présidentiel. Lorsque le maire annonça le nom du commandant en second, des murmures s’élevèrent et même des cris " non, non, nous n’en voulons pas ". Les clairons recevaient l’ordre de sonner, comme cela se pratiquait, mais ils refusèrent d’obéir.
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